PASS, L.AS. ou STAPS : ce qui change vraiment l’entrée en IFMK
Pour devenir kinésithérapeute après le bac, le choix ne se joue pas au hasard. L’accès aux études de kiné passe d’abord par une première année universitaire, puis par une sélection vers un IFMK, l’institut de formation en masso-kinésithérapie. Le vrai enjeu est de choisir la bonne voie dès Parcoursup, car PASS, L.AS., STAPS et certaines licences scientifiques ne conviennent pas aux mêmes profils.
Le parcours réel pour devenir kiné après le bac
Les études de kinésithérapie se déroulent en IFMK. Selon L’Étudiant, la formation de kiné est annoncée sur 5 ans : une première année universitaire de sélection, puis la formation en institut. Environ 3.000 étudiants intègrent chaque année les IFMK, pour près de 50 IFMK mentionnés, avec une répartition d’environ moitié publics / moitié privés.
Le point de départ est donc clair : on n’entre généralement pas directement en IFMK après le bac. Il faut passer par un premier parcours à l’université, valider l’année et remplir les conditions de candidature prévues par l’université et l’IFMK partenaire. L’accès est encadré, notamment par l’arrêté du 17 janvier 2020 cité par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.
Concrètement, le lycéen formule ses vœux sur Parcoursup, choisit une formation universitaire qui ouvre vers kiné, puis tente l’admission en IFMK à l’issue de cette première année. Il faut donc regarder non seulement l’intitulé de la licence, mais aussi les IFMK associés, les places proposées, les règles locales et les critères de sélection.
PASS, L.AS., STAPS, licences scientifiques : ce qui change vraiment
Les voies d’accès les plus citées sont PASS, L.AS. et STAPS, auxquelles s’ajoutent parfois certaines licences scientifiques, comme biologie, selon les universités et les IFMK partenaires. Elles mènent toutes potentiellement à la kinésithérapie, mais avec des contenus, des rythmes et des plans B différents.
| Voie | Profil à l’aise | Point fort | Vigilance |
|---|---|---|---|
| PASS | Très bon niveau scientifique, forte capacité de travail | Immersion importante en santé | Sélection exigeante et rythme dense |
| L.AS. | Étudiant voulant garder une discipline principale | Plan de poursuite en licence plus lisible | Il faut gérer la licence et l’option santé |
| STAPS | Profil intéressé par le corps, le sport, la physiologie | Cohérence avec le mouvement et l’activité physique | Ne se limite pas à aimer le sport : les sciences comptent |
| Licence scientifique | Bon niveau en biologie ou sciences fondamentales | Parcours académique solide | Accès variable selon les partenariats locaux |
PASS : la voie santé la plus immersive
Le PASS, ou parcours d’accès spécifique santé, concentre une grande part des enseignements sur la santé. L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes indique une répartition de 80 % / 20 % dans le PASS : une majeure santé et une mineure d’ouverture. Cette voie convient aux élèves qui visent clairement les études de santé et supportent une forte densité de travail dès la rentrée.
Elle peut aussi donner accès aux filières MMOP, c’est-à-dire les 4 filières maïeutique, médecine, odontologie et pharmacie, selon les règles de l’université. Pour kiné, certaines places de deuxième année peuvent être recrutées via PASS ; l’Ordre évoque notamment une part de 50 % des effectifs de deuxième année recrutés par cette voie dans ce cadre.
L.AS. : une licence avec option santé
La L.AS., licence avec option accès santé, repose sur une discipline principale, comme le droit, les sciences, la psychologie ou la biologie selon les universités, complétée par une option santé. Elle peut rassurer les étudiants qui veulent tenter kiné tout en construisant un vrai parcours de licence si l’admission n’aboutit pas immédiatement.
Son intérêt est la continuité : en cas de non-admission, l’étudiant peut poursuivre en 2e année de licence s’il valide son année, puis, selon les règles du parcours, retenter parfois plus tard, notamment en 3e année. Cette logique demande de choisir une discipline que l’on accepte réellement d’étudier, pas seulement une L.AS. supposée “stratégique”.
STAPS et licences scientifiques : des voies à vérifier localement
La licence STAPS attire souvent les candidats à la kinésithérapie, car elle aborde le corps, le mouvement, l’activité physique, l’anatomie ou la physiologie. Mais ce n’est pas une voie facile : les résultats scolaires, la méthode, les sciences et parfois le niveau sportif peuvent peser dans la réussite.
Certaines licences scientifiques, notamment en biologie, peuvent aussi ouvrir vers des IFMK partenaires. Le point crucial est de vérifier, sur Parcoursup et auprès de l’université, si la licence visée permet bien de candidater à un IFMK précis. Les règles ne sont pas identiques partout.
Sélection en IFMK : validation, classement et règles locales
L’entrée en IFMK dépend d’abord de la validation de la 1re année. Sans validation annuelle, la candidature aux études de santé n’est pas possible dans le cadre prévu. Ensuite, l’admission peut dépendre des notes obtenues, d’un classement, d’une admissibilité, parfois d’un oral d’admission, selon les modalités fixées par les universités et les instituts partenaires.
C’est l’un des pièges fréquents : croire qu’une voie nationale donne automatiquement accès à tous les IFMK. En réalité, un parcours universitaire ouvre vers des instituts déterminés. Un étudiant inscrit dans une université donnée candidate généralement vers les IFMK liés à cette université, avec des règles propres. L’Étudiant cite par exemple un cas à Brest où un seuil de 13 de moyenne était évoqué pour prétendre à la spécialité kiné dans un cadre précis : cela montre l’importance des critères locaux, sans en faire une règle générale.
Il faut donc lire les fiches Parcoursup comme un document d’orientation précis : quelle voie est proposée, vers quel IFMK, avec quelles modalités, quels attendus et quelles possibilités en cas de non-admission. Un intitulé séduisant ne suffit pas ; la valeur du vœu dépend de la passerelle réelle vers kiné.
Le raisonnement doit rester simple. Si le parcours choisi ne correspond ni à votre niveau, ni à vos matières fortes, ni à votre rythme de travail, la suite se complique vite. À l’inverse, un parcours cohérent aide à sécuriser les notes, le classement et l’accès à la suite du cursus. Pour un candidat kiné, l’orientation n’est donc pas seulement une préférence de départ, c’est une chaîne de décisions qui se répondent.
Choisir sa voie selon son profil, pas selon les rumeurs
Le meilleur parcours n’est pas celui que tout le monde cite, mais celui qui correspond à vos points forts et à votre manière de travailler. Les études de kiné sont sélectives : mieux vaut choisir une voie dans laquelle vous pouvez obtenir de bons résultats qu’une voie prestigieuse où vous risquez de décrocher. Le bon arbitrage repose sur le niveau scolaire, la capacité d’organisation et la discipline que vous êtes prêt à suivre pendant un an.
Si vous êtes solide en sciences et très autonome
PASS peut être pertinent si vous avez un bon niveau scientifique, une capacité à mémoriser beaucoup d’informations et une vraie résistance au rythme universitaire. Cette voie convient aux profils capables de travailler régulièrement, de supporter la concurrence et de rester motivés même lorsque les résultats se jouent à peu d’écart.
Elle demande aussi une bonne gestion du temps. Les enseignements sont denses, et il faut tenir sur la durée dès les premières semaines. Si vous aimez les cadres clairs et les objectifs courts, cette voie peut vous convenir. Si vous avez besoin de plus de respiration, elle devient vite difficile à vivre.
Si vous voulez sécuriser votre poursuite d’études
L.AS. peut être un choix intelligent si vous avez une discipline forte en dehors de la santé. Elle permet de construire un parcours universitaire plus large, à condition de ne pas négliger l’option santé. Le bon réflexe consiste à choisir une licence que vous pourriez poursuivre sérieusement, même si l’entrée en IFMK n’arrive pas dès la première tentative.
Cette solution convient bien aux étudiants qui veulent garder une vraie marge de sécurité. Si la sélection ne vous est pas favorable, vous restez dans une licence solide. Le risque, en revanche, est de sous-estimer la charge de travail de la licence principale en pensant surtout à la partie santé.
Si le mouvement, le sport et le corps vous intéressent vraiment
STAPS peut offrir une cohérence forte avec le projet kiné, surtout pour les candidats attirés par l’activité physique, la rééducation, l’entraînement ou la physiologie. Mais il faut éviter de réduire STAPS à la pratique sportive : les contenus théoriques, les sciences et les exigences universitaires jouent un rôle important dans la sélection.
Pour certains étudiants, c’est un bon compromis parce que le sujet de la formation reste proche du futur métier. Pour d’autres, la charge scientifique peut surprendre. Là encore, la question n’est pas de savoir si la voie est “connue”, mais si elle correspond au profil réel de l’étudiant.
Échec, non-admission, réorientation : prévoir le plan B dès le départ
Ne pas être admis en IFMK après la première tentative ne signifie pas nécessairement que le projet est terminé. Tout dépend de la voie choisie, de la validation de l’année et des règles de l’université. En L.AS., la poursuite en licence peut permettre de continuer en 2e année, puis de repostuler plus tard selon les conditions prévues. En PASS, les possibilités de réorientation doivent être anticipées dès l’inscription.
La meilleure stratégie consiste à préparer le plan B avant même les résultats : quelles licences permettent de poursuivre ? Quelle université a des partenariats avec quels IFMK ? Les candidatures ultérieures sont-elles possibles ? Le contenu de la formation vous intéresse-t-il assez pour y rester si kiné n’est pas accessible immédiatement ?
Avant de valider vos vœux, vérifiez trois éléments : la voie d’accès exacte, l’IFMK partenaire et les modalités de sélection. C’est cette combinaison qui détermine vos chances réelles. Une étude kiné réussie commence donc bien avant l’entrée en institut : elle commence par une lecture attentive de Parcoursup, un choix honnête de parcours et une stratégie cohérente avec votre profil scolaire.



